Saint Bernard et Koenigsberg

La Ferme de Königsberg fût-elle toujours un bien ecclésiastique ? Probablement. Elle apparaît avant 894, à l’époque carolingienne, comme un bien de l'église sous l’appellation de Conemonte ou Asnaga Bierch.


Le territoire Carolingien avait traversé une période terrible d’invasions barbares (les Huns notamment) qui ravagèrent la région. Au cours de ces périodes d’incertitude, le paganisme druidique celtique avait repris. A cet effet le Pape Innocent II délégua Saint Bernard de Clervaux sermonner le clergé rhénan pour son laxisme face aux anciennes pratiques païennes : vénération des arbres, des roches et des eaux. Il devait également prêcher la croisade aux allemands. Il passe donc dans la région en 1147 et accompli un miracle dans l’église paroissiale de Rettel en rendant la vue à une femme. En autre mission, il se devait de réaliser la réconciliation des Hauhenstaufen avec l’Empereur. Pourquoi cette station à Rettel de ce délégué apostolique exceptionnel ?


La Ferme de Koengisberg se trouve, après le chaos dû aux périodes tragiques d’invasion, désertée, en friche et en ruine, et, loin de tout, isolée, durant ces longues années de guerre. A qui appartenait alors ce domaine au moment du passage de Saint Bernard dans le Val Sierckois ?


Selon le chanoine Dicop, dans un article dans les Cahiers Lorrains, Koenigsberg aurait été en ces temps la propriété de l’Abbaye cistercienne de Châtillon en Woëvre près de Verdun. Saint Bernard, grand fondateur et créateur d’abbayes cisterciennes, dans la région notamment, telles celles d'Orval, Freistroff, Villers-Brettnach du diocèse de Trêves, et encore celle de Clairlieu dans l’évêché de Toul et celle de la Chalade et de Châtillon dans celui de Verdun. L'auteur pense que le saint destinait cette ferme à une future abbaye cistercienne à créer à Bruch, près de Rettel.


L’histoire ecclésiastique et civil de Verdun, révèle, que bien avant le passage de saint Bernard, l’archevêché de Trèves avait procédé à de nombreuses donations en faveur de l’abbaye cistercienne de Châtillon, parmi lesquelles probablement les terres de Koenigsberg, restées longtemps en jachère durant ces longues périodes d’insécurité que connurent nos régions. L’abbaye de Chatillon, bien loin de Sierck, n'avait pas les moyens d'exploiter ces biens trop éloignés et elle s'en défait alors au profit de la famille des Ducs de Lorraine. C’est ainsi que Mathieu II, en fit donation le 24 Juin 1248 aux cisterciennes qui fondèrent l’abbaye de Bruch (Marienfloss).


La question se pose donc de savoir si Saint Bernard lors de son passage à Rettel, mais aussi dans le Duché de Lorraine, aurait agi dans ce sens ?


Références:
Les Cahiers Lorrains d’Octobre 1972
Les Cahiers Lorrains, article de Nicolas Ries – N° 32 de 1932

Situation

Carete de situation de la ferme de Koenigsberg