L'Eglise de Sierck-les-Bains

Histoire

l'Eglise de Sierck en 1801
Francis André-Cartigny
L’esquisse ci-dessus aidera notre imagination à retrouver l’aspect de l’église de Sierck du tout début du 19ième siècle. En 1801 un terrible orage ravage la ville, arrache une partie de la toiture de l’édifice et détruit la superbe flèche couronnant le clocher. Cette pointe ne fut pas reconstruite mais la tour du clocher fut dotée d’une simple coupole tronquée telle que nous la connaissons aujourd’hui. Cette magnifique flèche fut érigée vers le début du 18ième siècle. Don Calmet écrivait en 1756, dans sa « Notice de la Lorraine », qu’elle était fine et élégante. Les murs sont épais d’un mètre quarante et datent de 1492. C’est une tour carré construite à droite de l’église.

Gargouille de l'Eglise

Gargouille de l'églsie de Sierck

En 1801 commencent les travaux du Concordat entre Napoléon et la Papauté. Sierck est érigée en paroisse propre et devient le siège de l’archiprêtré. Jusqu’à alors elle était dépendante de la paroisse de Rustroff.
 
Un vieux cimetière entourait l’église, comme à l’usage dans la presque totalité de la région. Le bâtiment était doté de deux portes d’entrée donnant sur la rue. L’une d’elle, à côté de l’autel marial, existe encore. L’autre fut murée à mi-hauteur et devint fenêtre.
 
Le maître autel provient de l’ancienne chartreuse de Rettel démantelée par la Révolution Française. Il était surplombé d’un immense baldaquin, mais celui-ci ne put entrer dans le chœur, la nef de l’église étant trop étroite.  Finalement, le chœur de l’Eglise de Thionville l’accueillit. La livraison se fit par bateau.

Le campanile de la chapelle du couvent des Récollets, une cloche de bronze fondue en 1575 à Trèves et son mouton sont exposé dans l’enceinte.

Histoire
Les Chevaliers de l’ordre teutoniques édifient en 1236, au pied des falaises, sur lesquelles campe le château-fort de la cité, une chapelle devenue l’actuelle sacristie. Le Duc de Lorraine Matthieu II fit aumône aux chevaliers la possibilité de créer aux abords du château leur hôpital, de construire une maison et leur chapelle. L’architecture des lieux saints, orientés à l’est, est du pur style gothique. Un campanile accueillera deux cloches. Saint Jean Baptiste, précurseur du Christ, patronnera l’édifice religieux.

Le Duc de Lorraine et les gens de la cours se rendront habituellement à la chapelle y faire leurs dévotions. Emprunteront-ils le fameux passage souterrain ment Château ? Quant à la population elle restera soumise à la paroisse de Rustroff.

Jean 1er, 1346-1390, transforme le sanctuaire en un plus vaste lieu de prière en y adjoignant le chœur actuel, pentagonal à deux travées avec voûte d’arête. Les clefs de voûtes reproduisent l’Agneau de Dieu et le buste du Sauveur du monde tendant le globe terrestre. Le monogramme du Christ est repris sur la clef de voûte de l’arc fermant le chœur. De superbes vitraux (selon Don Calmet) représentaient notamment Jacques de Sierck, archevêque de Trèves en prière dans ses habits pontificaux, dans un des vitraux et ses armes dans un autre. Ils ont disparu avec la Révolution Française.

Le clocher actuel 

Clocher de Sierck les Bains

vers le sud est

Coq du clocher de Sierck

Des monuments funéraires, également disparurent depuis. Ils ornaient le Chœur. Celui du Chevalier de Montcler, mort en 1427, a été protégé de la destruction et se trouve au Musée de Metz.

La nef de la fin du 15ième siècle est ornée des armes de René II d’Anjou, roi de Sicile et du Duc de Lorraine - 1473-1508, et de ceux de Jacques de Sierck, archevêque de Trèves, mort en 1456 et enfin de celles de la Ville de Sierck. La nef était garnie de quatre autels latéraux et servaient également de lieu d’inhumation.

La chapelle fut transformée en église. Sa transformation est achevée en 1492 sous l’égide de Jacques de Sierck, futur archevêque de Trêves, 1419-1455, fils d’Arnold VI, lui-même constructeur du château du Mensberg (Malbrouck) à Manderen. Elle a donc été érigée dans le prolongement de l’ancienne chapelle du 13ième siècle déjà dédiée à Saint Jean Baptiste.

L’agrément papal, obtenu grâce à Jacques de Sierck confirme la dédicace à Saint Jean Baptiste de cette nouvelle église mais qui devra se soumettre à l’autorité pastorale du curé de Rustroff et ce jusqu’à la réorganisation de l’église en France en 1802 (Concordat).

Enfin, historiquement, dans la nuit de la Saint Jean Baptiste, la Roue Enflammée, envoyée des hauteurs du Stromberg de Contz les Bains, est dirigée plein sud en direction de cette ancienne Chapelle des Chevaliers teutoniques.

La Grand' Rue

  • Rue de l'église Sierck les Bains
  • Sierck les Bains
  • Eglsie de Sierck
  • Eglsie de Sierck
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