Du nom de Rettel

Du nom de Rettel

Selon les annales de Trèves de 892, à Rettel existait en 620 un lieu nommé Rotovalum. Or l’archevêché de Trèves, dans ses archives, nomme également, à la même date, en 892, un autre lieu Rotila et Ruttila en 1218. Cette dernière appellation est une évolution normale du langage ; le O s’est transformé en U par simple mutation consonantique au Moyen-âge. Il est possible que Rotavallum et Rotila fussent des lieux différents.

Le dictionnaire latin Gaffiot traduit Roto par rond, tourné etc., et Vallum (Vallus) palissade, retranchement etc… S’agit-il d’une propriété protégée par des défenses sur un lieu rond. Vallum ne peut signifier vallée qui se traduit par vallis. La nuance est mince mais certaine. Rotovallum, s’agit-il de ce château dont parlait l’Abbé Hoffmann dans son ouvrage « Das Kloster von Rettel » ? 

Ce château devait se situer non loin de la Forêt de Buis, de Pällembësch et pour lequel on n’a jamais trouvé de traces concluantes. Or, cela peut s’expliquer du fait que les défenses et les forteresses préromaines étaient construites de bois, donc périssables. Par contre le Raedig (1 sur la Carte), lieu-dit limitrophe de la commune de Malling, Mallingen, surplombe le « Torrent » de la Forêt de Buis, et, on y a retrouvé des vestiges gallo-romains : monnaies, haches, statuettes en argile. Il est même question d’une vaste nécropole dans la vallée non loin de ces lieux Ce n’est bien sûr qu’une simple hypothèse, mais le Raedig est entouré de défenses naturelles : Torrent (Forêt de Buis), falaises sur la Moselle, et, le ruisseau-fossé à la limite communale de Malling et le Baacherweier (2 sur la carte)  ancien étang marécageux alimenté par un source venant de Beeschtroff. Ces deux dernières ont pu former des douves.

Il existait dans l’ancienne Gaule Lyonnaise, sur la Seine, une ville nommée Rotomagus ou Rotomagensis, qui n’est d’autre que l’actuelle ville de Rouen, un grand lieu de marché et de passage grâce à son gué qui permettait de franchir le fleuve.

Il est certain que les Romains construisaient dans les vallées, alors que les celtes et les sociétés traditionnelles plus anciennes construisaient sur les hauteurs, ce qui confirme qu’un « vieux Rettel » ait pu se trouver sur le Raedig et qu’un « nouveau Rettel » se soit développé dans la plaine exploitée par une villa romaine, qui deviendra par la suite une abbaye.

Alors Rotila cité en 892 ? Il est possible que ce Rotila soit issu de l’indoeuropéen (celtique) *‪ritu, qui signifie gué. Ce qui est plausible, les gués furent des vestiges des plus anciens, construits souvent bien avant les celtes et les romains. Cela explique Rotomagus, Rouen.



Suite 2 du nom de Rettel

Ces appellations, que cite l’Archevêché de Trèves dans son annuaire, datent du 9ième siècle et les appellations ne sont pas encore atteintes par la germanisation qui commencera peu à peu.

Autre hypothèse que je ne retiens pas.

On a parfois nommé Rettel par Rethel. Est-ce une confusion avec la petite ville ardenaise ? Peut-être ?

Auguste TERQUEM dans son répertoire étymologique du nom de toutes les villes et de tous les villages du Département de la Moselle, en 1864, fait la remarque suivante à propos de notre village :

Réthel ou Rettel
Dans les chartes qui datent du temps de Charlemagne, le nom primitif de ce village était Rothila, mot tudesque qui se décompose en Ro, abréviation de Rothteil, novale, terre nouvellement défrichée et mise en labour (allemand). Theil, partage, division etc…

Pourquoi nommer sous Charlemagne ainsi ces terres de Rettel, exploitées par les romains et antérieurement par des tribus indo-européennes campées sur les bords de la Moselle, terres défrichées ? Il s’agit certainement d’autres terres défrichées sur le plateau certainement. Il existe en effet des terres communales qui se nomment encore de nos jours sur le cadastre Grosstheil  (3 sur la Carte ), et ces terres se situent sur le plateau et qu’elles aient été défrichées à coup sûr à une époque tardive. Novale peut-être considéré comme une dîme. Nous sommes ici devant le cas d’une germanisation de Rotila, et certainement d’une déviation à une époque où se crée l'Abbaye de Rettel, fondée dit-on par Effetia, la soeur de Charlemagne.

Nous restons confiant dans ce qu’il y a de plus ancien à Rettel c’est la Moselle et la bac, c’est à dire "rito" (indo-européens). Alors Rotila, le lieu du bac ?

Sources :
Société archéologique Lorraine
Siedlung und Pfarrorganisation im alten Ersbistum Trier – Das Landkapitels Perl und Remich – 1968
Dictionnaire Gaffiot
Das Kloster von Rettel – Abbé Hoffmann.

Documentation


Le Ban de Rettel

Carte 25 °/°° de Rettel