La Roue enflammée de Contz-les-Bains

Avant propos

La roue enflammée de Contz-les-Bains
La Roue enflammée, lancée des hauteurs de Contz-les-Bains au crépuscule du 23 Juin en direction de Sierck-les-Bains, est un rite ancien perpétué par ces deux villages de Moselle. 

Nous vous présentons cinq articles à propos de cet évènement, rédigés sans liens directs entre-eux, mais il traitent l'évènement sous un aspect phylosophique. Pour un vision plus ouvert de cette fête, le lecteur pourrat éventuellement consulter les articles et les ouvrages cités en référence


Contz dans la verdue

Carte détaillée Stomberg et roue

Quelques aspects de la fête de la Saint Jean à Sierck et Contz les Bains

Les feux de la Saint-Jean, une fête celtique en Lorraine ? de Francis André-Cartigny

L’auteur de ces lignes a publié aux Editions Fensch-Vallée un ouvrage intitulé "La Roue Enflammée de Contz les Bains", en l’an 2000.

Nous avons toujours retenu le feu en tant qu’élément principal de la Saint Jean. Or, le feu n'est pas tout, et c'est peut-être l'élément secondaire de cet évènement, l’eau en tant qu'élément y tient une place prépondérante. La puissance de la lumière de l'Evangile de Saint Jean apôtre, alliée au culte solaire indo européen, nous a ébloui au point ne nous faire oublier l’essentiel du symbole de cet événement: Saint Jean Baptiste et la Lune, cette dernière, partenaire incontournable du Soleil pour la vie sur notre terre.


« Tout se passe comme si les coutumes françaises de la Saint Jean étaient une répétition, un doublet des traditions irlandaises de May Day et d’une partie de celles du Cycle de mai en France. Il s’ensuit que l’idée reçue, et encore généralement acceptée du culte solaire, est à remettre en cause, c’est d’autre chose, dont il s’agit. » (1)


« De toute façon, les Celtes ne pouvaient ainsi valoriser les solstices parce qu’ils se fondaient sur un calendrier lunaire et leurs fêtes étaient fixées selon ce comput lunaire. » (2)


« En résumé, nous soupçonnons un nature androgyne ou une double personnalité, masculine ou féminine, différenciée, à l’époque celtique, une nature féminine à l’époque préceltique. » (3)


Strabon disait pour les druides « Un jour règneront seuls le feu et l’eau ».


En, effet les langues allemandes, héritières d’une tradition germanique, nomme l’astre solaire au féminin et la Lune au masculin : Die Sonne, der Mond.(4) Nos divinités anciennes étaient le plus souvent représentées par des personnages féminins, les fées par exemple. Ce que nous avons oublié dans nos « Saint Jean » c’est la mystique lunaire. La Roue en feu de Contz les Bains conservera encore son secret pour longtemps. Elle a, peut-être, traversé les traditions, préceltiques, celtiques, chrétiennes et modernes. Si elle s’est maintenue au cours de l’ère chrétienne, notamment après le passage à Sierck de Bernard de Clervaux, son secret est certainement à rechercher dans la symbolique maçonnique des « Deux Saint Jean », symbolisme fort bien admis en son temps par l'Eglise catholique. Et, cela n’exclu nullement que la tradition de la Saint Jean au Val de Sierck, ait pu conserver certains aspects fort anciens, en relation avec la Lune et l’eau, de l’ère préceltique, comme le confirme sans aucun doute le passage « obligé » de la Roue enflammée devant la Fontaine de la Burbach sur son chemin vers la Moselle à la Vigile de la Saint Jean Baptiste.


Or, ce soir là nous fêtons le Précurseur de Jésus, celui qui baptisait dans l’eau justement. Et cela explique, probablement, que cette fête païenne ait pu traverser l’ère chrétienne sans aucun tabou, à Contz les Bains et Sierck. En effet, l’Ordre des Chevaliers Teutoniques installés à dans la cité ducale depuis le milieu du 13ième siècle avait pour Saint Protecteur Saint Jean Baptiste, le saint patron de leur Chapelle construite sous les remparts du Château fort, mais surtout le Vierge Marie, que l’eau et la Lune symbolisaient. Plus tard l’Ordre des Hospitaliers de Jérusalem, affiliés aux Chevaliers de l’Ordre de Saint Jean seront à leur tour à Contz les Bains, un siècle après.

(1)« Les quatre fêtes d’ouverture de saison de l’Irlande ancienne » Véronique Guibert de la Vaissière – Editions Armeline. Page 315.
(2) Idem. Page 321
(3) Idem. Page 345
(4) En Platt, le Soleil: d'Sonn, et la Lune: de de Mount ou de Mond.


Courrier de Metz du 20 Juin 1952 : Un vieil usage : la fête de Saint Jean et la Roue de feu

Etienne Simon Maire de Contz
Traduction libre d’un article rédigé en allemand du journal Courrier de Metz du 20 Juin 1952 (voir l’article original) Sierck les Bains. Un vieil usage : la fête de Saint Jean et la Roue de feu

Selon un très vieil usage, à la veillée de la fête de la Saint Jean, ce 29 Juin, les jeunes Contzois feront dévaler du Stromberg une roue en feu. On retrouvera les traces de cette coutume en remontant longtemps dans l’histoire de la Commune et de la région. Selon la tradition, les jeunes de Basse-Contz, passaient, déjà plusieurs jours avant la dite fête, de maison en maison, quêter la paille nécessaire à la confection de la roue de feu. Chaque famille donnait au moins une botte de paille. Avec la paille rassemblées une lourde roue de 200 à 300 kgs était construite sur les hauteurs du Stromberg et mesurait environ 13 pieds de hauteur. Le solde de la paille servait à confectionner des falots remis aux hommes et aux garçons qui prenaient place tout autour de la cérémonie. Les femmes et les filles n’avaient pas accès, alors, au Stromberg. Elles devaient attendre sur le versant de la colline près de la Fontaine de la Burbach pour la saluer avec des cris d’allégresse à son passage. Les jeunes filles à cette occasion faisaient toutes sortes des vœux qui devaient se réaliser.

Le début des festivités commençait vers 21 heures au signal lumineux du Maire de Sierck. Jadis trois salves de canon tirées du château donnaient le départ ainsi qu’un coup de fusil tiré de la maison communale. Quelques solides gaillards saisissaient alors la roue et la poussaient jusqu’à ce son emballement. Arrivée dans les coteaux son élan était à nouveau appuyé. Entretemps des hommes et des jeunes gens, munis de flambeaux, avaient pris position tout du long du parcours. Si la roue atteignait la Moselle, alors les Sierckois offraient aux habitants de Contz 24 hottes de vin (9hl et 89 l). C’était pour les vignerons un signe de bonnes récoltes à venir. Ce fût le cas en 1822. En revanche la course de la roue se terminait-elle dans les buissons ou restaient plantée, alors les jeunes Contzois offraient à la Commune de Sierck, le jour suivant, un panier de cerises.

Quel est le sens de cette fête de la Saint Jean de la Roue en feu ?

Selon l’historien Jean Trithème un certain Paul, consacré évêque de Verdun en 622, se retira dans la région de Trèves précisément sur les hauteurs de « Gebenna, en face de l’abbaye Saint Martin. Dans les environs de sa retraite il découvrit un temple païen consacré à Belenus ; il pris la statue de ce dieu et la jeta dans la Moselle. En mémoire de cette action, les bouchers de Trèves firent dévaler des hauteurs de Gebenna une roue en feu. Sierck n’étant qu’à 40 kilomètres de Trèves, la nouvelle parvenue aux habitants.

Selon d’autres écrits, nos ancêtres, firent des feux sur les hauteurs, notamment sur le Stromberg, à l’occasion du Solstice, afin de marquer le commencement de l’Eté, ou, encore les Contzois fêtaient la Saint Jean pour conjurer la peste et aussi en reconnaissance de l’aide que leur apporté leur grand saint dans ce malheur.

Pour le Sierckois, la Saint Jean prend une tout autre signification. Quand la Lorraine était encore duché, ses ducs aimaient se rendre à Sierck, cadre champêtre exceptionnel pour la bonne saison. Le Duc Jean 1er fut un hôte très aimé de la population du Val de Sierck. Afin de lui rendre hommage les Contzois firent dévaler une roue en feu des pentes du Stromberg à la Saint Jean. Pour l’occasion l’entrée de la ville était libre et une grande foire avait lieu ; c’était l’occasion, pour le duc, de remercier ses fidèles « bourgeois » en franchisant certains. Le Duc offrait deux hottes de vin pour la fête.

Quel que soit l’origine et le sens de cette fête, elle s’est perpétuée depuis des siècles de génération en génération. Chaque année des festivités sont organisées à la Saint Jean et sont fortement appréciées des visiteurs.

La Roue enflammée de la Saint-Jean. Symbole cyclique

Le Stomberg à Contz-les-Bains Saint -Jean
Par FrancisAndré-Cartigny


La descente d’une roue en feu vers l’eau symbolise le retour aux « Eaux Primordiales ». Certains veulent voir dans ce rite d’un autre âge, au soir de l’apogée du Soleil, la chute même de cet astre. D’autres y voient la chute du dieu païen Apollon ou d’une victoire comparable à celle de Saint Clément, évêque de Metz, sur le Dragon qu’il noya dans la Seille. La Saint Jean Baptiste se comprend si on la place en perspective de la Saint Jean l’Evangéliste du Solstice d’Hiver, le 27 Décembre.

Le Solstice d’été coïncide avec l’entrée du Soleil en Cancer, signe d’eau, et symbolise le retour aux Eaux primordiales, la Porte des Hommes, et annonce le retour à la lumière au plus profond de l’Hiver, quand le Soleil entrera alors en Capricorne, la Porte des Dieux à Noël. « Il faut bien la mort du Soleil afin qu’il puisse renaître ». Cette loi universelle du sacrifice, a suggéré l’hypothèse d’une origine indienne de ce rite. Mais les symboles sont universels.

Henri Dontenville dans la Mythologie française, aux Editions Payot - janvier 1988, page 113-114 rappelle que les feux de la Saint-Jean sont les feux des fêtes solsticiales très souvent interdites par l’église et qu’il s’agit d’une coutume gauloise. Il précise qu’une roue enflammée était jadis précipitée à Agen du haut d’une colline dans la Garonne. Selon d’autres témoignages, encore en 1565 à Epinal la même scène se déroulait, mais, vers la Moselle. Dans le Jura d’autres manifestations sont encore dans les mémoires. Il est possible aussi que ces feux sur les hauteurs à l’époque gauloise, et même avant (!), allumés au Solstice d’Été, d’Est en Ouest, et sur de long parcours aient pu servir à transmettre des messages importants.



La Saint Jean Baptiste et la Roue enflammée. l'eau et le feu.

Saint Jean baptiste baptisait dans l’eau. Cela explique-t-il que fête païenne solsticiale de la Roue en feu ait pu traverser l’ère chrétienne sans opposition à Contz et à Sierck les Bains ? L’Ordre des Chevaliers Teutoniques, installé à Sierck les Bains, cité ducale, au milieu du 13ième siècle, avait pour saint protecteur Jean Baptiste, le saint patron de leur Chapelle construite sous les remparts du Château fort, mais surtout le Vierge Marie, que l’eau et la Lune symbolisent. Un siècle plus tard, l’Ordre des Hospitaliers de Jérusalem, affiliés aux mêmes Chevaliers de l’Ordre de Saint Jean seront à leurs tours présents à Contz les Bains.

Le couple « Saint Jean et la Vierge Marie », image forte du christianisme, symbolise parfaitement l’alliance du feu et de l’eau, image apocalyptique. Jésus le Soleil, ne s’est-il lui-même pas fait baptiser ? Le feu est l’élément principal, visible de la Saint Jean. Or, l’eau en tant qu’élément y tient pourtant une place discrète mais prépondérante. Voir les précédents articles.

Véronique Guibert de la Vaissière, dans son ouvrage « Les quatre fêtes d’ouverture de saison de l’Irlande ancienne » aux éditions Armeline, fait les remarques suivantes :

''Tout se passe comme si les coutumes françaises de la Saint Jean étaient une répétition, un doublet des traditions irlandaises de May Day et d’une partie de celles du Cycle de mai en France. Il s’ensuit que l’idée reçue, et encore généralement acceptée du culte solaire, est à remettre en cause, c’est d’autre chose, dont il s’agit.'' 
''De toute façon, les Celtes ne pouvaient ainsi valoriser les solstices parce qu’ils se fondaient sur un calendrier lunaire et leurs fêtes étaient fixées selon ce comput lunaire.''
''En résumé, nous soupçonnons une nature androgyne ou une double personnalité, masculine ou féminine, différenciée, à l’époque celtique, une nature féminine à l’époque préceltique''. 
Strabon disait à propos du druidisme « Un jour règneront seuls le feu et l’eau .
»

La mythologie germanique considère féminin l’astre solaire et masculine la Lune: Die Sonneder Mond: en Platt, le Soleil: d'Sonn, et la Lune: de Mount ou de Mond.
Le Strombrerg une île jadis ?

La Saint Jean Baptiste et la Roue enflammée à la fontaine de la Burbach.

La Saint Jean Baptiste, au solstice d’été, annonce le cycle descendant dans les profondeurs des Eaux Inférieures, là où résident le Cancer, l’écrevisse, là où tous les germes du renouveau reposent.

« … à la fontaine de la Burbach se tiennent les femmes et les jeunes filles… »
 
Nous évoquions le passage de la Roue en feu, à la Fontaine de la Burbach, au cours de sa descente vers la Moselle. Là se tiennent les femmes et les jeunes filles. Elles chantent.
 
Cette scène est un rappel, du plus authentique caractère lunaire de ce rite solsticial des sociétés traditionnelles celtiques. Rappelons que les pèlerinages Gaulois aux sources et aux fontaines, furent sévèrement combattus par les Romains, puis par le Christianisme. Ces stations mystiques effectuées par les femmes et la jeunesse, des jeunes filles notamment, se déroulaient aux veillées, ou encore à l’aube, toujours aux crépuscules dans les traditions archaïques. (1).
 
La femme du monde celtique fût la gardienne des eaux et la garante des traditions, mais aussi de la vie et de la santé (2). La Saint Jean, fête cardinale, non chrétienne, se déroule au cours de l’antique Cycle de Mai, le mois de l’eau, de celle qui guérie (3). La pluie de Mai n’est-elle pas bienfaisante pour les cultures comme le rappelle les dictions populaires ? C'était l’objectif des liturgies agricoles, reprises plus tard par le christianisme, notamment par la liturgie des Rogations (4). La sécheresse était un fléau pour les laboureurs. La sagesse populaire rappelait :
 
Reen a Mee, gëtt fir d’ganzt Joer Brout an Hee
Pluie en Mai, donne pour l’année entière pain et fourrage.
 
(1) ''Tout se passe comme si les coutumes françaises de la Saint Jean étaient une répétition, un doublet des traditions irlandaises de May Day et d’une partie de celles du Cycle de mai en France. Il s’ensuit que l’idée reçue, et encore généralement acceptée du culte solaire, est à remettre en cause, c’est d’autre chose, dont il s’agit. » - Les quatre fêtes d’ouverture de saison de l’Irlande ancienne''  Véronique Guibert de la Vaissière – Editions Armeline

(2) ''Si les femmes, en tant que genre, jouent un rôle prépondérant dans les traditions de Mai, parmi elles les jeunes filles occupent une place de choix. Il est notoire que bon nombre de coutumes doivent être respectées par elles, car elles leur sont réservées ou concernent cette catégorie de la communauté. Par ailleurs, il faut remarquer que les enfants, quand il en est question, sont assimilés à cette catégorie.'' Page 315 « Les quatre fêtes d’ouverture de saison de l’Irlande ancienne » Véronique Guibert de la Vaissière – Editions Armeline

(3) C’est toujours pendant la veillée ou au lever du soleil, que doivent être effectués la visite des sources, le contact avec la rosée, la cueillette des herbes. L’eau est la substance magique et médicinale par excellence. L’association de l’eau et des plantes est symbole de régénération, de fertilité et de vie. De par la nature de sa personnalité la lune relie ensemble les thèmes des eaux, des plantes et de la santé.

(4) Dans l'ancienne liturgie catholique, les Rogations avaient lieu les Lundi, Mardi et Mercredi de l'Ascension (fête mobile, fixée par la Lune.)
 

La Roue enflammée de la Saint Jean sous l'aspect des Deux Saint Jean 1

Passage du Solstice et la Roue de la Saint Jean

Saint Jean Baptiste est fêté au solstice d’été et Saint Jean l’Evangéliste est fêté au Solstice d’hiver, proche de Noël. Solstice signifie « point d’arrêt» du Soleil. Cette pause solaire dure trois jours. L'église, dans le liturgie catholique ancienne, célébrait trois messes de minuit tant à la Saint Jean Baptiste qu’à Noël.

 


Ces arrêts du Soleil sont analogues à celui d’un arrêt cardiaque. D’ailleurs le signe du Lion domicile astrologique du Soleil est également le symbole du cœur et de l’enfant. Le cœur s’arrête dans une mort apparente, analogue à celle de Lazard ou de Jaunas dans le ventre de la baleine, pour rebattre comme celui de l’enfant à sa naissance: l'Enfant de Noël par exemple. Les solstices sont donc la fin et le commencement du cycle annuel symbolisant le cycle cosmique 

 La Saint Jean Baptiste, solstice d’été, annonce le cycle descendant dans les profondeurs des Eaux Inférieures, là où réside le Cancer, l’écrevisse, où tous les germes du renouveau reposent (1). La roue en feu dévale la montagne pour atteindre les eaux.


La Saint Jean l'Evangéliste, solstice d’hiver proche de Noël, annonce le cycle ascendant vers les hauteurs du Ciel, aux Eaux Supérieures, là où réside le Capricorne, sur la Montagne


La 14ième des 28 lettres, du nombre de jour d’un mois lunaire, que compose l’alphabet arabe, , se présente comme un demi-cercle comme l'arche renversée et dans laquelle se situe un point central. Elle symbolise le soleil couchant, celui du Solstice d’été. L’arche flotte sur l’eau et renferme le germe. Nûn signifie poisson en arabe, symbole du renouveau: le poisson sauveur. Les premiers chrétiens avaient repris le signe du Poisson pour symboliser le Christ Sauveur.


La lettre sanscrite Na, analogue à Nûn, est également représentée par un demi-cercle, mais placée dans une position inverse, comme une coupole ou un arc. Elle symbolise les Eaux supérieures et son centre reprend également un point.


L'assemblage des deux lettres ou des deux symboles reformera ainsi le symbole complet du Soleil, un cercle et un point comme le symbolise la Roue enflammée :

La constellation du Cancer entre dans le Soleil à la Saint Jean le 23 Juin. Le signe astrologique du cancer représente graphiquement parfaitement les parts descendante et ascendante du cycle et le germe à l’état de demi développement.

(1) La Fontaine sur les pentes du Stromberg, là, où se tiennent les femmes et les enfants lors du passage de la roue, se nomme Burbach. Les écrevisses dans notre langage local, Platt se nomment Burdéier (bêtes des sources ou fontaines)


 

Nün et Nâ = Soleil

La Roue enflammée de la Saint Jean sous l'aspect des Deux Saint Jean 2

La roue de la Saint Jean, symbole du sacrifice

Nous sommes au soir du 24 Juin. Pour beaucoup, l’Eté aurait déjà trois jours et aurait commencé le 21 Juin, jour du Solstice. Or, la saison est à son apogée car elle a débuté dans la nuit du 30 Avril au 1er mai, selon la tradition druidique, il y a quarante jours, quarante jours d’incubation. Le soleil est au plus haut et il s’apprête à décliner dès ce soir même, puisque depuis ce 23 juin, il y a 3 jours, l’astre solaire a suspendu sa progression, comme le montre la durée invariable de ces journées. Le 24 juin se situe très exactement au milieu de l’année solaire, à six mois de la veillée de Noël, au 24 décembre, lorsque le Soleil sera au plus bas de l’hiver, qui aura déjà commencé dès la nuit du 31 octobre au 1er Novembre, toujours selon la Tradition celtique. Ces deux moments de l’année sont deux points dans l’espace qui paraissent en opposition et pourtant ils se succèdent continuellement. « Il faut que l’un décroisse afin l’autre croisse » ou encore comme le disaient les anciens, « Il faut que l’un meurt afin que l’autre naisse ». La tête de Saint Jean Baptiste a roulée lors de sa décollation. Le « précurseur » du Christ fut décapité, afin que le nouveau soleil, naisse.
 
Et c’est toujours dans la nuit que se prépare l’évènement ou la lumière. Curieusement, c’est des ténèbres que la lumière jaillie comme la voix et le son surgissent du silence. N’est-ce pas la nuit que l’on distingue le mieux les étoiles et la Lune? Le Soleil si doux au matin peut déchaîner des chaleurs étouffantes ou dessécher totalement la terre. C’est pour cela que l’astre solaire doit redescendre régulièrement.

La Roue en feu de la Saint Jean, symbole du Soleil à son apogée, est un rite, un symbole de mort et de promesse de renouveau. C’est aussi un symbole de passage. Au crépuscule, quand tout semble fini, une étincelle embrase la roue, lumineuse comme un astre déchu, pour aller se fondre dans les eaux d’une rivière, symbole des eaux primordiales. La roue tournoie comme la tête d’un décapité. Les anciens disaient: « La tête décapitée tournoie et devient vase de la Soma », breuvage de la vie. Tête en sanscrit se dit Kapâla, comme Kapp dans le langage local des régions mosellanes, ou encore comme coupe en français; la coupe, comme le vase, qui recueille le breuvage sacré ou encore le vin divin. Le nouveau Soleil est mis en mouvement à la suite d’une décapitation. Les symboles du renouveau sont nombreux. Pour seul exemple, la révolution de la roue peut être comparée à la décapitation de Louis XVI, pour un nouveau monde après le tournoiement de sa couronne tombée.

Le soleil sort toujours des ténèbres, comme toute chose, et il y retournera comme toute autre chose. Dans l’antiquité les jours commençaient en toute logique à la tombée de la nuit et le nouveau mois naissait à la Lune noire. L’année débutait le 1er Novembre, jour des morts sanctifiés, mais aussi premier jour de l’hiver. Des ténèbres, tout peut sortir.

Documents

  • Fontaine de la Burbach -Contz-Les_Bains
  • Contz les Bains dans la verdure
  • Article du Courrier de Metz - Das Johannisfest un das Feurrad
  • Article Rl du 100893 Etienne Simon
  • Gerbe de feu
  • Contz roue Rétro
  • Contz roue Rétro
  • Le Stromberg
  • La roue enfllammée de Contz
  • Les lettres na et nûn
  • Les Feux de la Saint Jean
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