Les Hospitaliers de Saint Jean de Contz les Bains

Pierre de Kuss (Cues) fonde la Maison des Hospitaliers de Saint Jean à Contz en 1432. Une pierre, gravée à cette date est insérée dans la façade d’une maison de la rue principale de Contz les Bains. Elle représente les armes de Pierre de Kuss (Cues), du nom d’un village de la rive gauche de la Moselle, en amont de Trèves. Son nom patrimonial fut orthographié Krebs ou Kriibs ou même Chrypffs, ce qui signifie crabe ou cancer en allemand.
 
Fût-il membre de la famille du célèbre cardinal Nicolas de Kuss (Cues) (1401-1464) et, peut-être même son frère ? Rien ne le confirme. Ce prélat fut comme Pierre, Chevalier de l’ordre de l’Hôpital de Saint Jean de Jérusalem et éminent astronome et savant, mais aussi l’ami de l’archevêque de Trêves Jacques de Sierck. Or Pierre de Kuss (Cues) et le Cardinal Nicolas de Kuss (Cues) portaient les mêmes armoiries : une écrevisse sur champs d’argent, à savoir que le cancer est le signe à de la Saint Jean et le champs d’argent la couleur de la planète astrologique : la Lune qui gouverne le cancer et celle de. Tous deux étaient fils de riches bateliers. Le lien familial paraît évident.

Les Hospitaliers de Saint Jean, fondés en 1133 établis d’abord en France méridionale s’étendit dans les régions Rhénanes. Leurs maisons étaient affiliées aux Chevaliers de Saint Jean de Jérusalem et dépendaient de la Commanderie de Trèves depuis 1312. Leur mission était d’apporter l’aide aux voyageurs et pèlerins, malades et sans abri. Les pèlerins pour l’amour de Dieu et les pauvres y furent hébergés charitablement.
 
L’ordre  a souvent repris les dépendances des Templiers, ordre supprimé par le concile de Vienne en 1312. Il est donc possible que les Templiers fussent installé à Basse-Contz (Cand) bien avant.
 
L’hôpital de Contz fonctionna jusqu’au 18ième siècle, sous bien des statuts différents, mais conserva toujours le même objectif : un hôpital de charité. Il se tenait au lieu-dit de Kummergaart, ce qui signifie le « Jardin des souffrances » en mémoire de la Passion du Christ au Mont des Oliviers. L’institution possédait des jardins au lieu-dit am Obertgen et à Pesch , non loin de la petite chapelle actuelle construite au 19ième siècle. Pesch correspond certainement au lieu-dit Bösch. Elle produisait quantité de vins et de chènevières.
 
Des tous les ordres militaires des croisades, le plus puissant et le plus ancien est celui de l’Hôpital Saint-Jean de Jérusalem. A leur habitude ils construisirent une église où ils s'installaient ou une chapelle dédiée à Saint-Jean Baptiste. Celle de Contz les Bains, qui ne fut qu’un hameau en ces temps du nom de Cand, se trouvait dans l’actuel cimetière, à l’entrée du village. Il en reste plus que le chœur. On pourra retrouver dans celui-ci les armes de Pierre de Cues le fondateur. Le sanctuaire de Saint-Jean Baptiste devint rapidement un centre de pèlerinage.
 
Aussi un lieu d’hébergement, placé sous le patronage de Jésus et de Marie fut créé, d’abord pour les pèlerins pour l’amour de Dieu, puis les pauvres qui y furent hébergés gratuitement.
 
Bibliographie:
Le Chanoine Nicolas Dicop, la Maison des hospitaliers Saint Jean de Basse Contz - 1973
La Roue Enflammée de Contz les Bains (Les Feux de la Saint Jean, une fête celtique?) de Francis André-Cartigny, aux éditions Fensch-Vallée - 2000
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